La terre du Pays Bigouden, entre lande et bocage, borde l’Atlantique de ses vallées et de ses champs encore vivants. Ici à Plogastel-Saint-Germain, l’eau coule de source… encore faut-il la préserver, car la Basse-Bretagne n’échappe pas aux défis de notre temps : pollution agricole, ruissellement, perte de biodiversité, dégradation lente mais réelle des sols.
Depuis les années 2000, la Bretagne, qui représente à elle seule 40 % de la production nationale porcine (source : INSEE), a vu la qualité de ses rivières et nappes phréatiques menacée par la pression agricole et urbaine. Les impacts sont concrets : zones de baignade fermées, prolifération d’algues vertes sur les plages, restrictions d’eau lors des sécheresses… jusqu’au robinet, le lien est direct. Préserver l’eau, c’est préserver la vie et nos traditions locales.
Le bassin versant du Goyen, auquel Plogastel est rattaché, fait partie des secteurs sous surveillance. En Finistère, 88 % de l’eau potable provient de ressources superficielles, principalement des rivières (Eau & Rivières de Bretagne). Or, la qualité de ces eaux dépend intimement de celle des terres qui les entourent.
Un défi quotidien qui concerne autant les agriculteurs que les élus, les habitants que les associations.
Quand on discute avec les équipes de la mairie ou les agriculteurs du secteur, un sentiment émerge : chacun, à son niveau, peut apporter une brique à l’édifice. “Moins d’intrants, plus de naturel, c’est tout bénéfice pour la santé, la terre, et nos futurs verres d’eau”, confie un agriculteur bio du hameau de Trebonvel.
Préserver la qualité de l’eau et des sols, ici à Plogastel comme partout en Finistère, ne sera jamais l’affaire d’un seul acteur. Il y a la nécessité de rester vigilants face au changement climatique, à l’urbanisation, aux pressions économiques, mais aussi l’envie de retrouver la fierté d’un territoire où l’eau du robinet reste pure, où les landes bruissent encore d’insectes et où la terre garde son humus.
Dans un contexte où la Bretagne a réduit de 48 % ses apports de nitrates agricoles dans l’eau potable en 25 ans (Observatoire de l’eau en Bretagne), il y a des motifs d’optimisme mais aussi l’urgence de continuer, toujours, à faire évoluer nos pratiques. Les démarches collectives et la vigilance citoyenne font la différence — pour que ce coin de Finistère, du “Penn ar Bed”, reste toujours vivable et désirable : an dour ha an douar (« l’eau et la terre ») comme socle de notre avenir.
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